Visuel « NI-PAL : vérifier ses bancs avant le 10 novembre », avec la date 10.11.2026 et cinq repères : un composant central, l'avis de sécurité, le 10 novembre, la vérification de nipalk.sys, le piège des caméras

Le 10 novembre, certains bancs ne reconnaîtront plus leurs cartes : ce qu'il faut vérifier avant

Un composant central des drivers NI, un correctif de sécurité, et une date à laquelle Windows peut décider de ne plus le charger. Le sujet est aride, la vérification prend trois minutes, et elle vaut le coup sur chaque banc qui tourne sur du matériel NI Emerson (ex National Instruments).

Il y a une catégorie de pannes que nous détestons : celles qui arrivent un lundi matin sur un banc auquel personne n'a touché. Le logiciel est le même, le matériel est le même, et pourtant les cartes d'acquisition n'apparaissent plus dans NI MAX. La cause est presque toujours en dessous de l'application, dans la pile de drivers et de services dont le banc dépend sans que quiconque s'en soucie. La prochaine occasion de ce genre a une date : le 10 novembre 2026. NI Emerson a publié un correctif de sécurité pour NI-PAL, un composant de bas niveau présent sur la plupart des PC équipés de drivers NI, et Microsoft a placé les anciennes versions de ce composant dans sa liste de drivers vulnérables, celle que Windows peut refuser de charger. Nos confrères de Mesulog en ont publié le 22 octobre une note d'information qui reprend les consignes de NI point par point ; ici, nous regardons ce que cela change concrètement pour un banc. Cet article explique ce qu'est NI-PAL, ce que dit l'avis de sécurité, pourquoi la date compte, comment vérifier un banc en trois minutes, et où sont les pièges.

Un composant central, mais discret

NI-PAL, pour Platform Abstraction Layer, est le socle commun des drivers NI Emerson. C'est lui qui fournit à NI-DAQmx, NI-VISA, NI-IMAQdx et aux autres l'accès bas niveau au matériel et aux ressources du système, de la même façon quelle que soit la version de Windows. C'est aussi ce qui fait la force de l'écosystème NI : une carte PCIe, un châssis PXI, un cDAQ et un instrument GPIB se pilotent depuis la même application, avec le même comportement, parce qu'ils reposent sur la même fondation. Sur un banc classique, l'empilement ressemble à ceci : l'application LabVIEW ou TestStand pilote l'essai, NI-DAQmx dialogue avec la carte, NI-PAL lui rend les services système dont il a besoin, et Windows arbitre le tout. L'utilisateur voit le premier étage, parfois le deuxième ; le troisième s'installe automatiquement avec les drivers, et c'est très bien ainsi : un bon socle se fait oublier tant qu'il fonctionne.

C'est ce qui rend le sujet plus large qu'il n'y paraît. Un PC qui a eu un jour une carte PCI NI, une interface GPIB ou un simple NI-VISA pour piloter un multimètre a NI-PAL installé, et le garde après que le matériel a été retiré. Il n'est pas nécessaire de développer en LabVIEW pour être concerné ; il suffit d'avoir installé un driver NI. NB : nos propres logiciels sont dans le même cas. Chaque installation Vasco comporte un PC Windows, y compris quand l'acquisition tourne sur une cible temps réel, et ce PC porte des drivers NI : il dépend de NI-PAL exactement comme une application LabVIEW maison. Le critère n'est pas le nom de l'application, c'est la version du composant installé.

Où se trouve NI-PAL : application, drivers, couche commune NI-PAL, Windows et sa liste de blocage, matériel
Où se trouve NI-PAL sur votre banc d'essais.

Ce que dit l'avis de sécurité

NI a publié un bulletin pour la vulnérabilité CVE-2026-18485, qui touche NI-PAL 26.3.1 et toutes les versions antérieures sous Windows. Il s'agit d'une élévation de privilèges locale : un utilisateur déjà authentifié sur la machine peut obtenir des droits système qu'il ne devrait pas avoir. Ce n'est donc pas une porte ouverte depuis Internet, et sur un banc isolé du réseau avec deux comptes opérateur, le risque de sécurité pur est à relativiser.

Mise en garde cependant : relativiser n'est pas ignorer. Un banc d'essais qui a accès au réseau de l'entreprise, ou sur lequel des sous-traitants se connectent, est exactement le poste où une élévation de privilèges locale devient un problème pour quelqu'un d'autre que le banc. Et surtout, la raison de s'en occuper maintenant n'est pas la sécurité. C'est la disponibilité.

Pourquoi le 10 novembre

Windows tient une liste de drivers considérés comme vulnérables, et peut bloquer leur chargement au démarrage. Les versions concernées de NI-PAL y figurent désormais, avec une prise d'effet annoncée au 10 novembre 2026. Sur Windows 11, cette protection est active par défaut. Sur Windows 10, elle ne l'est généralement pas, sauf si la politique de sécurité de l'entreprise l'a activée, ce qui se voit de plus en plus.

Concrètement, un banc dont NI-PAL est bloqué au démarrage ne reconnaît plus ses cartes dans NI MAX, l'application remonte des erreurs de communication, et l'essai du jour ne se fait pas. Rien ne casse, mais rien ne fonctionne. Il faut être précis sur ce que cela signifie : le 10 novembre n'est pas une date à laquelle tous les bancs vont s'arrêter. C'est la date à partir de laquelle, sur un système où la liste de blocage est active, le risque devient réel. Du coup, la question n'est pas « sommes-nous concernés ? » mais « lesquels de nos postes le sont, et lesquels passeront la date sans rien remarquer ? ».

Arbre de décision en trois questions : drivers NI installés, version de nipalk.sys, liste de blocage active
Ce poste est-il exposé le 10 novembre ? Trois questions par poste.

La vérification en trois minutes

Elle ne demande ni droits particuliers ni modification de l'installation. Sur le PC du banc, ouvrir l'Explorateur, aller dans C:\Windows\System32\drivers, trouver le fichier nipalk.sys, clic droit, Propriétés, onglet Détails, et lire le champ « Version du produit ».

Trois cas. Version 26.3.1 ou antérieure : le correctif est à installer. Version 26.5 (NI-PAL 2026 Q3) ou ultérieure : le correctif est déjà intégré, rien à faire. Fichier introuvable : soit le poste n'a aucun driver NI, soit NI-PAL est installé autrement ; dans le doute, NI MAX ou le panneau « Programmes et fonctionnalités » donnent la réponse. NB : une version ancienne ne veut pas dire qu'un problème s'est produit. Cela veut dire qu'il faut planifier.

Les cinq étapes pour lire la version de nipalk.sys et l'interprétation des trois résultats possibles
La vérification en trois minutes, et comment lire le résultat.

Nous conseillons de faire cette vérification sur tous les postes qui portent du matériel NI, y compris ceux dont le banc est « en pause » depuis un an ; ce sont eux qui redémarrent un jour de besoin, et qui révèlent la panne à ce moment-là.

Une mise à jour ciblée, et ce que cela ne change pas

La bonne nouvelle est que NI livre un correctif de NI-PAL seul, et non une mise à jour complète des drivers. Dans les configurations compatibles, il ne faut changer ni de version de LabVIEW, ni de TestStand, ni de DAQmx, ni toucher au code de l'application. NI annonce une compatibilité descendante jusqu'à NI-PAL 17.0. L'installation prend de l'ordre d'une minute et demande un redémarrage ; elle passe par NI Update Service ou par l'installateur téléchargé sur le site NI.

Sur un poste de bureau, c'est l'affaire d'un café. Sur un banc en production, nous appliquons la même règle que pour n'importe quelle modification de l'environnement logiciel : relever les versions installées avant, disposer d'un moyen de revenir en arrière (image disque ou point de restauration), intervenir hors période d'essais, redémarrer, vérifier que tout le matériel est reconnu dans NI MAX, puis dérouler un essai représentatif avant de rendre le banc. Ce n'est pas de la paranoïa ; c'est ce qui garantit qu'une mise à jour d'une minute reste une mise à jour d'une minute, et pas une journée d'arrêt.

Les six étapes d'une mise à jour sur banc en production, avec l'arrêt obligatoire si NI-IMAQdx 19.5 ou antérieure
Mettre à jour un banc en production : six étapes et un arrêt.

Le piège des caméras

Il y a une exception, et elle concerne des bancs que nous connaissons bien. NI a identifié une incompatibilité entre NI-PAL 2026 Q3 et les anciennes versions de NI-IMAQdx, 19.5 et antérieures. Sur un banc de contrôle visuel qui tient grâce à une caméra GigE ou USB3 et un IMAQdx de 2019, appliquer le correctif sans analyse préalable peut faire disparaître la caméra au lieu de la carte. Le cas n'a rien d'exotique : un poste resté en LabVIEW 2019 a toutes les chances d'avoir les drivers de la même génération. C'est le cas typique où la mise à jour « compatible » ne l'est pas, et où il faut regarder l'ensemble de l'installation avant de cliquer.

Plus généralement, chaque banc ancien a une ou deux de ces dépendances qu'il faut connaître avant d'y toucher : un driver de carte tierce, une version de Windows figée pour une raison oubliée, un composant de communication qui n'a pas d'équivalent récent. Les lister une fois, et les tenir à jour, c'est ce que nous appelons connaître son banc.

Ce qu'il faut en retenir

Un banc d'essais ne se résume pas à son application et à ses cartes. Entre les deux, il y a une pile de composants techniques, discrets mais essentiels, qui ont eux aussi besoin d'être maintenus. NI-PAL en est un exemple ordinaire : un correctif de sécurité, une liste de blocage Windows, et une date. Trois minutes de vérification par poste permettent de savoir qui est concerné, et une mise à jour d'une minute, encadrée par les précautions habituelles, règle la question, sauf sur les bancs à caméra ancienne, où il faut analyser avant d'agir.

Rien de révolutionnaire. Mais nous préférons l'écrire maintenant que recevoir l'appel du lundi 16 novembre.

Si vous voulez un inventaire de vos postes concernés, ou un coup de main pour planifier la mise à jour sur un banc en production : web@nerysgroup.com.

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Nous pouvons faire l'inventaire avec vous, puis planifier et valider la mise à jour banc par banc.

Contactez-nous

Sources : Mesulog, NI-PAL : une mise à jour de sécurité à anticiper pour vos bancs de test et systèmes de mesure ; NI, Required NI-PAL Security Update ; NI, bulletin de sécurité CVE-2026-18485 ; NI, NI-IMAQdx 19.5 et antérieures incompatibles avec NI-PAL 2026 Q3 ; Microsoft, règles de blocage des pilotes recommandées ; NIST, fiche NVD CVE-2026-18485. Informations établies au 23 octobre 2026 ; les consignes de NI restent prioritaires et peuvent évoluer.

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